• De case... En case...

     

    Cela vous paraitra peut-être idiot, mais, je me suis toujours sentie suffisamment vigoureuse et armée pour tout affronter… pour tout surmonter, même s’il me fallait pour cela user de divers moyens comme le refoulement, le déni… et j’en passe… Mais était-ce la bonne solution ? Était-ce aussi judicieux que je pouvais le penser alors ? Pouvais-je être aussi invincible que je le supposais ? Dans mon esprit, dans mon corps, plus rien ne pouvait m’atteindre… Plus rien ne pouvait me mettre à terre...

    Les réponses sont un jour arrivées sans crier gare… Mais, j’ai (une fois de plus) préféré ignorer les signes annonciateurs. J’étais sans aucun doute obstinée, aveugle à trop de choses, sourde à d’autres… car en mon for intérieur, c’était une certitude : il ne pouvait rien m’arriver de pire que ce que j’avais déjà vécu… Mais, les faits étaient là… et j’ai alors découvert et surtout compris que j’étais très, mais alors très loin, de posséder cette invincibilité que je croyais détenir.    

    Quelle stupidité… Il est des épreuves qui vous détruisent autant physiquement que psychologiquement… que mentalement. Des épreuves si difficiles qu’il n’existe aucun terme pour caractériser, décrire précisément ce que l’on peut ressentir et vivre.  Seul(e)s celles et ceux qui ont vécu la même chose peuvent comprendre la portée de cette phrase.

    Je suis d’abord passée par la case « Déni, non-acceptation, colère, rage, repli ». J’ai fini par me retrouver totalement seule. En effet, il s’avère totalement impossible d’expliquer des choses, des faits que les autres ne peuvent comprendre et, qui de plus est, ne les intéressent pas voire les dérangent. Seule enlisée dans les abysses... Seule dans ce néant quotidien pour survivre… Oui SURVIVRE. Les journées deviennent des semaines… Les semaines… des mois… Et les mois se transforment en années…

    Puis, un jour est arrivé où j’ai réalisé que je n’avais que deux choix. Oui DEUX choix : pas un de plus, pas un de moins ! Continuer ainsi… et rester en mode survie… ou bien me relever, me battre et essayer de revenir sur le chemin de la vie.

    Mais… était-ce seulement possible, après tant d’errance dans les abîmes, de me relever et surtout… comment devais-je m’y prendre ? Aujourd’hui, je peux l’écrire : OUI cela est possible malgré les efforts à déployer… les rechutes… Je dois l’écrire également : chaque jour est un véritable combat à mener… et certains jours sont (et restent toujours) très difficiles… Mais, l’important pour moi est d’avancer pas à pas, à mon rythme. Le temps n’a plus aucune valeur.

    Pour mener de front cette lutte, il m’a fallu passer par la case « Acceptation ». Pour que cela soit possible, j’ai dû sortir de la case « Déni - refoulement», soit de ma zone de « réconfort » (même si, je le sais aujourd’hui, cette zone n’était qu’un espace d’illusions de diminution de ma souffrance) et ACCEPTER mon état, les épreuves que j’avais vécues (et celles qui venaient encore alourdir mes « bagages »). En parallèle, je n’ai pu éviter cette case attenante « Faire le deuil de ma vie d’avant ». Je ne sais pas ce qui est le plus difficile d’ailleurs : accepter ou faire ce deuil ?

    Bref… Mais comment pouvais-je accepter tout ce que j’avais déjà vécu et tout ce qui arrivait encore ? Est-ce qu’au moins cela s’arrêterait un jour ? C’est déjà très dur de vivre certaines choses, mais comprendre et admettre que tout cela a (et avait) une raison d’être relevait d’une « mission » impossible. Et pourtant… cela est possible, même si c’est un cheminement long et périlleux…. Oui ! Même si cela est laborieux à concevoir et accepter, ces épreuves sont là pour quelque chose... L’objectif est avant tout de nous faire avancer, progresser, grandir… Mais pour y parvenir, il faut le VOULOIR car sans l’envie, il ne peut y avoir évidemment de résultats de compréhension et progression… Et pour cela, il faut sans conteste passer par la case « Lâcher-prise ». Pour ma part, cela a été une étape très importante et intense pour pouvoir avancer.

     

    Dans les grandes lignes, j’ai appris, compris que :

    1. Je devais sortir de la case « Passé ». C’est vrai, je ne peux revenir en arrière et le modifier. Alors, à quoi bon continuer à me lamenter sur celui-ci ? A quoi bon me torturer l’esprit avec dix-mille questions ? Je peux bien sûr me poser des questions mais seulement les bonnes pour essayer de comprendre, trouver des réponses, m’aider à accepter ce qui a été, ce qui n’a pas fonctionné… pour entre autre ne pas continuer à commettre les mêmes erreurs… Je l’écris car c’est important : je reviens régulièrement sur cette case « Passé » pour la raison évoquée juste avant, mais également parce que, malgré toutes les épreuves, j’ai aussi de merveilleux souvenirs.

    2. Je ne devais pas (ou bien moins) « faire des plans sur la comète » ou, en d’autres termes, je ne devais pas trop aller sur la case « Avenir ». A quoi bon l’imaginer ? Je pense que cela est une perte de temps et une erreur. Il y a une leçon de la vie que j’ai bien retenue : bien souvent, elle est différente de celle que l’on avait prévue. Bien sûr, je fais des projets (comme tout le monde) mais je n’y attache plus autant d’importance. Ceci dit, je n’ai pas perdu mon goût du rêve.

    3. Je devais m’ancrer dans la case « Présent ». J’ai donc appris à vivre l’instant présent et à en savourer, à en apprécier tous les petits moments de bonheur. Je ne m’en rendais pas vraiment compte avant, mais ils sont bien réels et nombreux au cours d’une journée… Ce sont de petits riens qui rendent la vie belle : regarder un enfant sourire, une fleur, un papillon, la nature, dire bonjour à quelqu’un, donner à manger aux oiseaux…

    4. Je devais écouter les signes annonciateurs de mon corps, écouter la petite voix intérieure, écouter mon mental, mon cœur, et respecter mes possibilités, mes limites. J’ai pris conscience (sans doute trop tardivement) que certaines choses n’avaient pas autant d’importance que je ne le supposais alors, que je n’étais pas aussi indispensable et irremplaçable que je le croyais (dans le monde professionnel). Oui ! Le monde continue et continuera de tourner, même sans moi. Il est primordial d’apprendre à relativiser tout comme il est essentiel (je le sais aujourd’hui) d’écouter son corps, de le respecter. J’ai cessé de vouloir toujours « tirer sur la corde » et j’ai également appris à me remettre en question, à faire confiance à mon corps, à me faire confiance. Je reviens très souvent prendre des leçons sur cette case « Écoute de Soi – Confiance ».

    5. Je ne devais pas m’attarder sur la case « Négatif ». Je me suis délestée de tous les sentiments négatifs que j’entretenais consciemment ou inconsciemment (comme la tristesse, la colère, la haine parfois) et de toutes les personnes négatives. Cela allait au-delà puisque j’ai également dû me défaire de mes peurs (certaines), de mes craintes, de mes doutes. Tous ces sentiments et comportements, étant de basses fréquences vibratoires, étaient (et sont) des freins, des entraves à mon avancement.

    6. Je devais élire mon domicile sur la case « Positif ». J’ai appris à me nourrir de positif et à semer le positif que ce soit au niveau de mes pensées, de mes émotions, de mes gestes…  Je donne sans compter, sans rien attendre en retour… Je sais écouter… et plus encore, me taire quand c’est nécessaire… Le lâcher-prise m’a beaucoup aidée. Je me sens libre de tout contrôle (ou presque). Je suis libre de dire oui, de dire non. Je suis libre de marcher, de trottiner ou bien de faire une pause si j’en ressens le besoin. Pour apprendre tout cela, j’ai fait quelques stages sur la case « Non-culpabilité » qui ont été très formateurs.

    7. Je sais que jamais rien n’est acquis et qu’à tout moment, je peux naviguer d’une case à l’autre. Mais, même s’il me faut par moments déployer d’intenses efforts pour maintenir le cap,  je reste capitaine de mon navire ! Pour terminer, même si dans le jeu d'échec, il n'y en a pas, dans ma vie, je dispose de mon joker " Libre-arbitre " !

     

    Mon existence d’avant, mes épreuves font et feront toujours partie de mon histoire mais j’ai choisi de poursuivre l’écriture de mon livre de vie. Certes, elle est bien différente de celle que j’avais imaginée et sans doute rêvée, mais est-ce aussi dramatique que cela au fond ? Non, j’en suis désormais convaincue. L’essentiel pour moi aujourd’hui est d’avancer sur le chemin de la guérison de mon cœur et de mon âme (à défaut de celle physique). Je sais que je sors grandie de tout cela (alors que je me sentais, il n’y a pas si longtemps que cela - petite… si petite et vulnérable).

    En venant au monde, j’ai appris à VIVRE… puis… à SURVIVRE… puis j’ai de nouveau réappris à VIVRE… pour enfin RE-NAITRE A LA VIE. Et… pour en arriver là, j’ai dû faire plusieurs séjours sur la case « Pardon » (mais là, ce sera le sujet d’un autre article).

    La vie est un peu comme un jeu d’échec. Pour essayer de vaincre l’adversaire (les épreuves de la vie), Il faut bien sûr avancer mais parfois, il est nécessaire de revenir en arrière avec ses pions pour mieux attaquer, pour mieux avancer. Dans la vie tout comme dans le jeu, Il faut savoir faire preuve de réflexion, de stratégie, de patience...

     

    Bellara – Écrit en novembre 2018

    © Tous droits réservés

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  • Commentaires

    6
    celine
    Jeudi 8 Novembre 2018 à 08:33

    merci ma Léa!!!!!!!

    5
    celine
    Mardi 6 Novembre 2018 à 19:44

    C'est juste magnifique ma Léa ce que tu as écris, j'adore la fin "en venant au monde......." merci de nous partager tes émotions tes ressenties tes espoirs, une belle leçon de vie qui donnes encore plus envie d'y croire et d'apprendre enfin à vivre et plus survivre!!!! La vie est comme tu dis un peu un jeu d'échec , à nous d'apprendre à déplacer les pions en acceptant ce que la vie nous réserve dans le bon comme le mauvais..... Merci d’être toi et de m'avoir fais comprendre tellement de choses qui me permets d'apprécier la vie la vrai!!!!! Tu es pour moi une personne exceptionnelle qui a beaucoup fais pour moi et qui continue encore à me tenir la main!!!! je n'aurai jamais assez d'une vie pour te remercier de tout ca!!!!! MERCI 

      • Mercredi 7 Novembre 2018 à 20:00

        Merci ma Céline. N'en rajoute pas... quand même happy

        Et bien quand le cœur parle, il ne triche pas et a beaucoup de choses à dire. Oui, c'est à chacun d'apprendre à vivre voire à re-naitre à la vie. Je suis sincèrement très heureuse pour toi et je sais que tu continueras sur cette voie et je te le souhaite de tout coeur comme je te souhaite le meilleur. Plein de gros bisous du coeur

    4
    jacqueline
    Mardi 6 Novembre 2018 à 13:10

    oui léa il faut continuer ce texte est juste merci léa bisous

      • Mardi 6 Novembre 2018 à 19:06

        En effet, il faut continuer car c'est plus qu'important même si c'est parfois très difficile, très fatiguant

        Bisous à vous aussi Jacqueline

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